Le drame d’Oslo

    Le drame qui vient de frapper la Norvège est un signal d’alarme qui nous rappelle que les temps que nous vivons sont des temps mauvais. Bien évidemment, la violence a toujours fait partie de l’histoire de l’humanité depuis que Caïn a anéanti la vie de son frère cadet. C’est parce qu’il lui refusait le droit d’honorer Dieu à sa manière qu’il tua son frère. Abel fut donc le premier martyr de l’intolérance religieuse. Depuis son assassinat le sang des martyrs n’a pas cessé de couler. Il est néanmoins des périodes d’accalmie dans l’histoire des hommes. Des époques où chacun peut vivre sa foi comme il l’entend sans attirer l’intolérance, la colère et la mort de la part de  ceux qui pensent différemment. Or, ce vendredi 22 juillet 2011, Anders Behring Breivik a décidé qu’il en était autrement. Dans un double attentat il a froidement assassiné 76 personnes. La Norvège, ce petit pays de moins de cinq millions d’habitants, pays paisible s’il en est,  a été profondément affecté par cette tragédie. Mais ce n’est pas seulement la Norvège qui est touchée. C’est vous et moi. C’est l’équilibre précaire de nos sociétés qui est atteint. Car le geste de ce jeune homme fou pourrait bien être reproduit dans d’autres pays. Nous sentons monter des forces destructrices qui pourraient bien enflammer notre vieux continent. Il est donc vital que nous soyons conscients et actifs vis-à-vis de cette réalité.

    La conscience des temps est l’un des privilèges des enfants de Dieu. Le Premier et le Second Testaments en parlent : des fils d’Issacar, l’A.T. dit  « ...c'étaient des gens qui savaient discerner comment Israël devait agir en fonction des circonstances. » (1 Chron.12.32 - Semeur).  Dans le N.T.  Paul écrit aux Romains : «Aimer son prochain, c'est donc accomplir toute la Loi. Faites ceci d'autant plus que vous savez en quel temps nous vivons. C'est désormais l'heure de sortir de votre sommeil, car le salut est plus près de nous que lorsque nous avons commencé à croire. » (Romains 13.10-11).

    Ce discernement du temps va nous pousser vers l’intercession en faveur de nos nations. Nous allons sentir l’urgence, non seulement de prier sans relâche, mais aussi d’annoncer clairement le message de l’Evangile qui est un message d’Amour : l’Amour inconditionnel de Dieu pour chaque personne, et l’Amour de l’Eglise pour l’humanité. Ne nous laissons pas piéger par les sirènes des différences culturelles et religieuses qui nous pousseront à rejeter les autres. Si nous cédions à la voix de ces sirènes nous pourrions être les artisans inconscients de drames tels que celui  d’Oslo. Prions pour que cette folie ne soit pas contagieuse. Intercédons pour nos gouvernements européens afin que leurs décisions soient conformes à la sagesse !                                                         

Robert Héris