Second dimanche de l’Avent :

A qui le Seigneur se révèle-t-Il ?

  Une étoile apparaît. Elle sert de GPS à des mages qui seront guidés fidèlement sur une longue distance. Ils arrivent à Jérusalem et avisent Hérode le Grand,  qu’un roi vient de naître.  Pour eux, il était évident que c’est dans un palais qu’ils trouveraient l’enfant-roi. Or ce n’était pas le lieu que le Créateur avait choisi pour entrer en ce monde ! Hérode, troublé, rassemble les hauts responsables religieux, qui connaissent leur leçon par cœur : « le Christ doit naître à Bethléem » ! (Mt.2.5). Hérode envoie les mages avec l’ordre de prendre des renseignements précis sur l’enfant et de revenir lui faire un rapport. Ses intentions sont mauvaises ; la suite le prouvera… Non loin de là, tout près de Bethléem, les bergers passent dans les champs les veilles de la nuit pour garder leurs troupeaux. (Luc 2.8.) Tout à coup, une lumière resplendit et un messager de Dieu, un ange, les informent : « Aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur ! » (Luc 2.11).

Deux  remarques :

1. Ce sont les gens les plus éloignés, les mages, qui s’investissent le plus pour découvrir l’enfant, lui faire des cadeaux et l’adorer. Plus tard, Jésus, enseignera sur ce phénomène incroyable. Ceux qui sont le plus loin pourraient devenir ceux qui seront les plus proches. Le Maître a dit «... Plusieurs des premiers seront les derniers, et plusieurs des derniers seront les premiers... » (Mt.19.30). Cet autre texte est tout aussi éloquent : «... je vous déclare que plusieurs viendront de l’orient et de l’occident, et seront à table avec Abraham, Isaac et Jacob, dans le royaume des cieux.   Mais les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents... » (Mat.18.11-12). N’est-il pas étonnant qu’Hérode ainsi que les sacrificateurs et les scribes ne se soient pas précipités à Bethléem pour accompagner les mages ? Ont-ils eu peur que la venue du Messie ne bouscule leurs prérogatives et mettent en danger leur pouvoir ? C’est évident ! Ainsi, l’Evangile peut être pour les uns « une odeur de mort donnant la mort » et pour les autres « une odeur de vie donnant la vie». (2 Cor.2.15-16)

2. D’humbles bergers, sont aussi choisis par Dieu pour être aux premières loges. Quelle grâce ! Tout ce que l’homme peut faire pour éblouir ses semblables et pour les dominer par son savoir ou son argent, n’impressionne pas le Seigneur. Dieu cherche des cœurs purs, des gens simples, aimants, modestes, prêts à recevoir la semence de la vie dans leur cœur : l’Evangile. Les bergers seront tellement impressionnés qu’ils ne manqueront pas d’en parler autour d’eux. (Luc 2.16-20).

   En ce temps de l’Avent, par notre témoignage, soyons tour à tour, l’étoile qui guide les mages, les mages qui parlent à Hérode, l’ange qui évangélise les bergers. La suite appartient à Dieu et à nos auditeurs...                                                                                                                    

Robert Héris