Un temps mis à part pour Dieu
Au 21° siècle le jeûne n’a pas une très grande place dans la pratique de la foi chrétienne. Pourtant, dans certaines régions du monde il est rendu presque obligatoire à cause de la situation économique de certains pays. Les gens apprennent donc naturellement à renoncer à un ou à deux repas par jour et, lorsqu’ils mangent, leurs repas sont frugaux. Dans nos pays occidentaux la règle est encore l’abondance alimentaire, en tout cas, pour la plupart des nations européennes. Ces derniers temps, je pense souvent à cette machine à consommer qu’est notre société. Qu’arriverait-il si, tout à coup, elle s’emballait et tombait en panne ? Que feraient les gens pour trouver de la nourriture et pour se procurer le nécessaire pour subsister ? Nous assisterions, comme ce fut le cas dans certaines circonstances, à des pillages de grandes surfaces, des destructions de magasins et des rixes dans les rues. Nous devrions sans doute nous terrer dans nos maisons et nous protéger contre le risque d’être pillés dans nos propres habitations. Ces attitudes découlent naturellement de la conception que la plupart des gens ont de la vie et de son sens. Pour la majorité, la nourriture et de manière générale, les biens de consommation constituent l’essentiel de l’existence. Or, la spiritualité et en particulier la spiritualité biblique nous rappelle que l’homme a besoin d’autre chose que de nourriture pour vivre ! Dans le fameux épisode de la tentation au désert, la nourriture est la première tentation que le diable va présenter à Jésus qui jeûne depuis 40 jours : « ---Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres se changent en pains. » dit le tentateur à Jésus. « Mais Jésus répondit: ‘- Il est écrit: L'homme n'a pas seulement besoin de pain pour vivre, mais aussi de toute parole que Dieu prononce.’ » Matt.4.3-4.
C’est cette part spirituelle de la vie, cette Parole sans laquelle l’homme ne peut vivre, que Jésus cherche au désert dans le jeûne. C’est aussi cette Parole qu’ont cherché tous ceux qui nous ont précédé et grâce à l’engagement desquels le christianisme est encore une foi vivante et efficace. Dieu a été fidèle, Il leur a répondu et ils nous ont transmis la foi. C’est aussi cette Parole que nous allons chercher nous qui nous engageons dans cette période de 21 jours. Nous avons besoin d’une Parole divine pour nous-mêmes, pour nos familles, pour l’Eglise de France, pour notre pays.
Ce jeûne de Daniel, comme il est communément appelé, n’est pas un jeûne total. Pendant cette période nous allons renoncer à des mets délicats. Nous n’allons pas manger de viande ni de graisses animales. Nous allons aussi nous priver de choses que nous croyons être indispensables et sans lesquelles nous penserions que notre vie serait difficile (on peut jeûner de desserts, de sucreries, de loisirs…).
Mais le jeûne n’est pas à considérer comme une privation puisque ce que nous supprimons est avantageusement remplacé par la présence divine. La prière, la méditation biblique, l’adoration, la louange doivent retrouver leurs places de choix. Que Dieu nous fasse grâce !
Robert Héris